Histoire de Marathon – 1 – De la bataille aux 42,195 kilomètres.


Je lance une nouvelle rubrique dans le blog. « Histoire de Marathon ». Cette rubrique à pour ambition de revenir sur des histoires, oubliées ou non, fantastiques, drôle, triste, émouvantes ou touchantes. Des moments intenses vécus lors de cette épreuve mythique. Il n’y aura pas de chronologie particulière. Mais simplement le plaisir de découvrir ou redécouvrir ces moments. C’est aussi pour moi l’occasion d’allier mes deux passions, l’Histoire et la course à pied.

Et qu’est ce qui peut mieux inaugurer ce premier article, que de revenir aux sources du marathon ?

La bataille de Marathon est l’un des épisodes majeur de la première guerre médique, opposant les Perses aux Grecs. Ces guerres médiques interviennent lorsque Darius, empereur des Perses, tente de conquérir la Grèce. Après avoir conquis l’Ionie (la Turquie actuelle), Darius se penche vers la Grèce continentale, et en particulier, Athènes.

i_8044_la_bataille_de_marathon__008L’armée perse débarque début septembre 490 sur la plage de 4 kilomètres environ qui borde la plaine de Marathon à quarante kilomètres d’Athènes. Les Athéniens n’attendent pas l’ennemi derrière leurs remparts mais conduits par le stratège Miltiade, les hoplites athéniens et platéens, environ 10 000 hommes, se rendent à la rencontre des Perses. Le 13 septembre les Perses décident d’attaquer Athènes par terre et par mer. Une partie des troupes perses, y compris la cavalerie, rembarque, avec pour objectif de débarquer à Phalère afin d’atteindre rapidement l’Acropole. Les troupes restantes, à peu près 21 000 soldats, franchissent alors le Charadra, le petit ruisseau qui traverse la plaine de Marathon avant de se perdre dans des marais littoraux, afin d’empêcher le retour des troupes athéniennes vers la cité.

Celles-ci, avec leurs alliés de la cité de Platées, occupent deux petites hauteurs, le Pentélique et le Parnès et attendent les renforts promis par Sparte, renforts qui tardent. Devant l’évolution de la situation, les Athéniens n’ont plus le choix : il faut battre les Perses dans la plaine de Marathon puis devancer les navires ennemis et gagner Athènes pour la protéger. Miltiade, l’un des dix stratèges athéniens connaît la faiblesse de l’armée perse pour avoir combattu avec eux lors de l’offensive contre les Scythes. En effet cette armée est composée de soldats d’origines différentes, ne parlant pas les mêmes dialectes et n’ayant pas l’habitude de combattre ensemble. De plus l’armement perse, avec des boucliers en osier et des piques courtes, ne permet pas les combats au corps à corps.

Au contraire l’armement des Grecs est celui d’une infanterie lourde, les hoplites, protégés par un casque, un bouclier, une cuirasse, des jambières et des brassards en airain. S’y ajoutent une épée, une longue lance et un bouclier de peau et de lames de métal. Enfin les hoplites combattent en rangs serrés (phalange) leurs boucliers formant devant eux une muraille.

AthenesphalangeLes Athéniens chargent donc dès qu’ils arrivent à portée de flèche. Comme prévu les ailes de l’armée perse, composées de troupes éparses levées dans l’empire ou d’Ioniens peu motivés, se débandent et remontent dans la panique à bord des navires. Mais le centre des Grecs est enfoncé et cède. Les troupes grecques disposées sur les ailes renoncent à poursuivre les troupes perses en déroute et se rabattent sur le centre de l’armée perse en une parfaite manœuvre de tenaille. Celui-ci s’effondre à son tour.

Au total environ 6400 Perses sont tués, la plupart noyés en s’enfuyant, et sept navires sont détruits, tandis que les Athéniens perdent environ 200 citoyens. Une telle différence n’a rien d’extraordinaire, même si le chiffre des pertes perses est sans doute exagéré.

Mais il est nécessaire de prévenir la seconde offensive des Perses avec l’attaque des meilleurs éléments de leur armée qui avaient rembarqué avant la bataille de Marathon. La flotte perse a besoin d’une dizaine d’heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phalère. Par une marche forcée de sept ou huit heures, avec une bataille dans les jambes, les hoplites grecs arrivent environ une heure avant la flotte ennemie. Les Perses voyant l’échec de la manœuvre renoncent à débarquer. Ainsi s’achève la première guerre médique. Cette victoire stratégique devint symbolique pour les Grecs et conféra un grand prestige à Athènes. En fait pour les Perses il s’agit surtout d’un débarquement manqué et d’un échec mineur. Leur expédition a réussi à soumettre toutes les îles, en tout cas un grand nombre, de la mer Egée au pouvoir de Darius Ier.

marathonSelon la légende, un soldat Athénien du nom de Philippidès, aurait couru depuis Marathon jusqu’à Athènes pour annoncer l’heureuse nouvelle. Nenikekamen : Nous sommes victorieux ! Et il serait mort à l’arrivée. Mais cette version est contredite par celle de l’historien grec Hérodote ; lors du débarquement des Perses à Marathon, les Grecs auraient envoyé le messager Phidippidès chercher de l’aide à Sparte, à plus de 220 kilomètres. Alors que les Spartiates ne répondaient pas, les Athéniens combattirent avec les Platéens. Plutarque rapporte des siècles plus tard que, d’après Héraclide du Pont, Thersippos l’Eroeus serait le messager authentique mais que, pour le plus grand nombre, c’est un certain Euclès qui aurait parcouru au prix de sa vie la distance entre Marathon et Athènes pour annoncer la victoire.
Spirydon Louis, premier vainqueur du marathon moderne.

Spirydon Louis, premier vainqueur du marathon moderne.

Ce n’est qu’au tout début des Jeux olympiques modernes, en 1896, que le marathon basé sur la distance entre Marathon et Athènes a été créé. Cette année là, les Jeux Olympiques retrouvent le goût du jour sous la houlette du fondateur du Comité international olympique, un certain Pierre de Coubertin. L’historien français souhaite relancer un événement de la Grèce Antique, des « Jeux Olympiques » qui se déroulaient à Olympie en l’honneur du dieu grec Zeus entre le VII ème et VIII ème siècle et qui a été perpétué 1000 années durant. La première édition du marathon, course fondée sur la légende de marathon se court pour la première fois en 1896 sous l’impulsion du français Michel Bréal, qui aurait suggérée l’idée à Pierre de Coubertin. Cette première édition du marathon moderne est remportée par un berger grec, Spyrídon Loúis en un peu plus de 2h40.

Cette compétition aux allures surhumaines a immédiatement frappé l’imaginaire des observateurs. La distance de 39,91 kilomètres a éventuellement été modifiée à celle que l’on connaît aujourd’hui (42,195 kilomètres) aux Jeux de Londres en 1908. Cette année-là, le roi Édouard VII et la reine Alexandria tenaient à assister à la course qui faisait tant jaser. Pour ce faire, la famille royale a demandé à ce que le départ se tienne devant le château Windsor à l’extérieur de la ville. La distance entre le château et le stade olympique était de 26 miles (41,84 kilomètres). Les organisateurs ont ajouté quelques verges de plus pour terminer la course autour de l’ovale et devant la loge royale, ce qui a ajouté 385 verges. Depuis les Jeux de 1908, le marathon a toujours été couru sur une distance de 26,385 miles (42,195 kilomètres).
En 2013, on dénombre pas moins de 97 000 marathoniens finishers dans la métropole et le nombre de participants ne cesse de croître !
Finalement, de la légende au sport, il n’y à qu’un pas…
Cap.
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