Marathon de Paris 2016: Un sentiment mitigé.


Je sors du métro, place de l’Etoile, ce dimanche 3 avril, pour courir mon 6 ème marathon. Le stress est présent. Parce que je sais que je ne suis pas bien préparé. J’ai tout  simplement eu la flemme d’aller courir. 200kms sur 3 mois, ça ne suffit pas pour pretendre à quoi que ce soit. D’un autre coté, j’y vais pour le plaisir. Pas d’objectifs de chrono.

Après quelques photos devant l’Arc de Triomphe, je me rends à mon sas de départ. J’ai choisi 4h30. Je me place juste derrière le meneur d’allure. Je veux rester dans ces traces le plus longtemps possible.

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Enfin, le départ est donné. Un an que j’attend ce moment. Les premiers kilomètres se passent bien. Il y a énormément de monde et il faut bien faire attention. Ca double, ça saute, ça cours dans tout les sens… Je reste concentrer sur mes sensations et je suis vigilants aux coureurs qui m’entourent.

Les temps de passages aux kilomètres sont stables. L’allure est bonne et mes jambes tournent bien.

Le ravitaillement du 5 kms est une zone de guerre. Il y a du monde partout. Il faut faire attention à tout. Les gens se précipitent vers les bouteilles d’eau ou les bananes. Il y en a partout. Il faut faire attention à ne pas glisser sur les bouteilles vides au sol ou les peaux de bananes.

Je prends une bouteille d’eau et repart avec le meneur. On échange quelques mots, on discute. Je me sens vraiment bien. Mais la chaleur commence à être un problème. La fin de course va être très dur.

Les kilomètres avancent et le rythme est toujours bon.

La partie que je redoute le plus arrive vite. Les quais de la Seine…. Un calvaire. L’enchainement de ponts et de tunnel, de petites montées et de descentes est vraiment difficile à gérer. Je n’aime vraiment pas cette partie de la course. Et pourtant, c’est une des plus belles au niveau du paysage. Notre Dame, Tour Eiffel, Grand Palais… Il y a pire comme cadre pour courir. Je sens que je commence à ralentir. Je perds le meneur autour du 28eme. Il est devant, à environ 400 mètres. Mais je ne veux pas aller le chercher. Je ne veux pas bruler des forces qui vont m’être précieuses dans les 7-8 derniers kilomètres.

Après le ravito du 30 ème, je m’arrête quelques minutes pour saluer ma copine, sa cousine, ainsi que ma soeur. Quelques photos et quelques messages d’encouragements et je repars. 12936559_10209216290148829_3492889902661950472_n

Je bois quelques verres au ravitaillement ISOSTAR. Le sol colle, c’est atroce. Le sol est littéralement sucré de boissons énergétique.

Je passe devant le panneau indiquant « Le mur ». Je le touche, comme si j’allais conjurer le sort, l’inévitable.

Et effectivement, les choses se s’aggravent. Je fais quelques mètres en marchant. Il fait très chaud. Je suis en train de cuire dans mon haut de compression. J’ai l’impression que mes épaules sont rouge. Je suis en perdition. Mais je continue d’avancer. Je ne regarde quasiment plus le chrono. Je me moque un peu (pour une fois), du temps que je ferais. Et je me concentre vraiment sur la course.

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Les kilomètres continuent de défiler. J’arrive à relancer un peu, entre le 33 ème et le 37ème. Mais il y a des périodes de marche. Sur quelques mètres, oui, mais quand même.

Et le drame arrivent au 38ème. Juste avant le panneau du Mile 24. Une petite bosse, vraiment rien du tout. Je la passe doucement et là…. Mon corps s’arrête. Réellement. Même marcher est impossible. Je me mets sur le bords de la route et force mon corps à avancer. C’est la première fois que ça m’arrive. Je suis arrêté et mon corps ne veut plus avancer. 38ème kilomètre. Mais je ne songe pas à abandonner. Je marche, tout doucement. Les cuisses et les mollets me tirent. C’est dur. Je suis à 12 minutes par kilomètres. Atroce.

Les panneaux 39, 40 et 41ème kilomètres, j’ai bien le temps de les voir. Je marche. Tout simplement.

41 ème, un coureur en galère aussi me demande si je veux finir avec lui. On trottine tout les deux. Il m’aide vraiment beaucoup à finir. Et je le remercie pour ça.

Dernier rond point. Je vois la ligne. Je fais un derniers arrêt auprès de mon public. Un bisou et on repars. Je passe enfin la ligne. Content mais furieux. Je récupère ma médaille et mon tee-shirt.

Mais je ne suis pas satisfait. Ok, je ne cherchais pas à faire un chrono. Mais en me préparant un peu mieux, je me serais épargner les souffrances du 38ème kilomètre. Je ne peux pas me plaindre. Mais j’ai bien retenu la leçon. Je reste finisher. Et en soit, c’est bien. Mais je reste déçu par ma prestation et par moi-même.

Cap.

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3 commentaires

  1. Bonjour, j’aimerai commencer par vous féliciter. Étant débutante en course à pieds je ne peux qu’admirer votre détermination et votre mental ! Certes vous vous êtes peut être mal préparé, mais vous l’avez fait et ce jusqu’au bout. Je suis admirative de cette force que chaque coureur réussi à puiser au fond de lui pour finir une course. Vous faites parti de ceux qui me donne envie de poursuivre mon rêve de courir un marathon un jour.
    Encore une fois félicitations.
    Bonne journée,
    Manon.

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